La Meuse, rives et récits
Lenizeul (F) 23/10/23
Rotterdam (NL) 13/09/23
Eijsden (NL) 21/01/03
Saulmory-Villefranche (F) 13/07/22
Devant Bouvignes (B) 02/07/22
Sint Pietersberg (NL) )27/03/22
Sedan (F) 26/04/22
Namur (B) 20/03/22
Stenay (F) 10/06/22
Villers-devant-Mouzon (F) 23/02/22
Meuse, eaux des jours
Meuse enfantine ! Confronté à ce fleuve depuis toujours.
A Herstal entre 12 et 18 ans, voir et entendre cette eau (et celle du Canal) porter des péniches, nombreuses, dans les deux sens, partout, pout, pout, pout… et à Ougrée, dans la boulangerie des cousins, la farine blanche contraste avec le dehors des fumées brun-rouge et du fleuve gris-vert-aluminium.
Alors cette question plus ou moins consciente: Elle vient d’où cette eau et elle va où ?
Répondre aujourd’hui par le regard, par la photographie, interroger, sentir les lieux, arpenter les récits.
Aujourd’hui, la Meuse souligne que l’eau est un bien précieux.
Que c’est surtout une trajectoire dans une étendue.
Qu’une déambulation sensible, tantôt contemplation, toujours documentaire répond à cet espace trompeur et fascinant du plan horizontal,
Que la calme fluidité bleu-vert des eaux, et son imprévisible impétuosité couleur de terre, pousse des gens à se retrouver, à se charger de cette force tranquille
Que laver, baptiser, éclabousser sont des joyaux des jeux d’eau !
Jaune au levant, violette d’orage violent, zénithale et nadirale aveuglant,
La lumière s’engouffre dans la complexité urbaine des villes verticales
Brumes, brouillard et nuages reconfigurent les horizons et redessinent le foisonnement des rives, l’aplomb des arbres, des roches, les traits de fer et les à-plats du bêton.
Incessamment le climat propose du renouveau dans le connu pas vu.
Excitation estivale, recueillement hivernal.
S’immiscer entre sa dimension spirituelle et sa stricte existence matérielle.
Elle, forte de son intemporalité, favorise la rencontre d’un autre monde…
(un pêcheur s’essaie à l’escrime délicate, le cheval impassible s’assoupit, les saules se mirent dans leur reflets, un faune sort des eaux, les glaces emprisonnent les aspirations du soir tombant)… et, par la présence de cabanes, caravanes, œuvres d’art, d’architectures et de l’incontournable mobilier urbain, se définit le flux de notre temporalité
Splendeurs d’époques ! Par la superposition des strates géologiques, historiques, culturelles, patrimoniales, par la succession des saisons, des densités de population, le passé et l’avenir qu’elle condense en son sein, l’Histoire en détour des boucles et des lointains s’offre et s’escamote.
De la terre qui tolère l’eau, à l’eau qui s’en affranchit !
16/08/24